14 noviembre 2025

FuturEMAC® souligne la protection contre l’incendie comme un pilier du design architectural.

Le forum organisé par EMAC® Groupe débat de la manière d’intégrer la sécurité incendie dans les projets de construction actuels.

Protéger des vies commence bien avant que l’alarme ne retentisse. La protection incendie dans la construction commence sur le plan, dans la phase de conception, dans la décision de considérer l’architecture non seulement comme un exercice esthétique, mais comme un engagement envers la sécurité, la durabilité et le bien-être de toutes les personnes. C’est l’une des principales conclusions de FuturEMAC®, le forum que nous avons lancé depuis EMAC®, et qui s’est concentré sur l’un des grands défis du secteur : la construction face au feu.

La deuxième édition de FuturEMAC®, qui s’est tenue ce jeudi au Collège Territorial des Architectes de Valence (CTAV), a réuni des architectes, des ingénieurs et des spécialistes de l’accessibilité pour analyser les défis et les solutions que pose la sécurité incendie dans les bâtiments contemporains, ainsi que l’importance d’anticiper la prévention dès l’origine du projet.

Le petit-déjeuner-débat a compté sur la participation de Mª Carmen Fernández, architecte technique en Accessibilité Universelle et Innovation de la Fondation ONCE ; Ángel Cobo, architecte spécialiste en accessibilité et responsable de prescription chez EMAC® ; Pablo Peñín, architecte, secrétaire du CTAV et responsable de la formation ; Marina Juárez, directrice du Développement Technique de l’Entreprise du Groupe Greco Gres Internacional ; et Javier Gismeno, directeur technique de Torresfire. Le forum a été animé par Luis Motes, CEO de Doyou Media.

Concevoir avec sécurité dès l’origine

Au cours de la session, les intervenants ont convenu que la prévention doit être intégrée dès la phase de projet, en considérant la sécurité comme une valeur structurelle et non comme un ajout technique. Tout au long de la rencontre, des questions clés ont été abordées, telles que la conception architecturale responsable, le choix de matériaux ignifuges, la coordination entre fabricants et concepteurs, l’évacuation inclusive et l’importance des systèmes de protection passifs et actifs. Une réflexion a également été menée sur la nécessité d’apprendre des situations d’urgence réelles afin d’améliorer la réglementation et de reconstruire des espaces plus sûrs et plus résilients.

« Se protéger du feu, ce n’est pas seulement respecter une norme, c’est concevoir pour protéger des vies. La sécurité doit être pensée dès le début, intégrée à la conception. Cela implique une planification stratégique, la combinaison de l’esthétique, de la durabilité et de la sécurité, et la compréhension que chaque décision constructive peut faire la différence. Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pourrons garantir des environnements réellement sûrs », a déclaré Emi Boix, CEO du Groupe EMAC®, lors de l’ouverture de la rencontre.

Les experts ont souligné la nécessité d’une vision globale de la protection, qui couvre aussi bien la prévention et l’évacuation que la reconstruction après un incendie. À cet égard, ils ont mis en avant l’importance des systèmes passifs, comme les matériaux ignifuges ou la compartimentation des espaces, qui ralentissent la propagation du feu, et des systèmes actifs, tels que les alarmes, sprinklers et équipements d’extinction — tous deux essentiels pour réduire les risques et sauver des vies. Ils ont également insisté sur l’importance de la coordination entre fabricants, concepteurs et techniciens, un élément clé pour parvenir à des solutions efficaces et sûres.

« Se conformer aux minima réglementaires ne suffit pas ; nous devons ajouter un niveau supplémentaire de sécurité chaque fois que cela est possible », a souligné Javier Gismero, directeur technique de Torresfire, entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de portes coupe-feu, qui a insisté sur le fait que l’esthétique et la sécurité ne sont pas opposées, mais alliées lorsqu’on conçoit de manière responsable.

  • Dans le même esprit, Pablo Peñín, architecte et secrétaire du CTAV, a souligné la nécessité de mettre à jour et d’unifier la réglementation afin de l’adapter aux nouveaux matériaux et aux usages émergents, tels que la recharge des véhicules électriques. « Nous avons besoin de processus plus agiles et d’une formation continue pour que la réglementation ne soit pas un frein, mais un outil permettant de construire avec davantage de sécurité et de cohérence », a-t-il déclaré. Peñín a également insisté sur l’importance de l’entretien et des inspections périodiques des bâtiments, obligatoires à partir de 50 ans, « tout comme nous acceptons naturellement le contrôle technique des voitures ».

    Mª Carmen Fernández, architecte technique en Accessibilité Universelle et Innovation à la Fondation ONCE, a averti de la « grande lacune qui a existé dans les protocoles d’évacuation pour les personnes handicapées, car nous n’avons tout simplement pas été préparés à évacuer de manière accessible ». Elle a souligné que la formation, aussi bien des professionnels que des usagers, a été et demeure essentielle pour progresser vers des protocoles plus inclusifs, et a rappelé la récente publication des bonnes pratiques du Plan d’Urgence Inclusif pour les personnes handicapées élaboré par le CERMI Communauté Valencienne. Fernández a insisté sur le fait que l’accessibilité doit être intégrée dans tout plan d’évacuation, car « en situation d’urgence, chacun de nous peut devenir une personne handicapée : la fumée, le feu et la peur peuvent limiter notre capacité de réaction ».

    Pour sa part, Marina Juárez, directrice du Développement Technique de l’Entreprise du Groupe Greco Gres Internacional, a souligné l’importance de travailler avec des matériaux de construction de qualité comme première ligne de défense dans la protection passive contre l’incendie. Elle a également insisté sur la nécessité d’aller au-delà du simple respect des normes et a rappelé que Frontek propose des matériaux à très faible combustibilité —classification A1,s1,d0— selon la réglementation européenne. Mais pour que cela soit réellement efficace, la coordination entre protection active et passive est indispensable, ainsi qu’un entretien continu. L’intervention de Marina Juárez s’est conclue par un message clair : concevoir pour protéger est un investissement en sécurité et en confiance.